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Il vous arrive ce que vous dites être.
Qui êtes-vous?M répond à C qui pose la fameuse question "Qui suis-je? .
C: Qui suis-je ?
M: Qui es-tu ?
C: Je suis 65 Kg de chair.
M: Hum-Hum.
C: Je suis un humain.
M: Prouve-le.
C: Je suis né sur la terre, dans l'humanité à tel endroit et à tel date.
M: Prouve-le.
C: Je suis Canadien(ne) et j'ai un baptistère officiel enregistré.
M: Le Canada est venu chez toi te demander d'adhérer au Canada et tu as signé une entente avec lui?
C: Non.
M: Bon, on a sonné à ta porte et on t'a offert de t'identifier sous le nom décrit dans le baptistère. C: Non.
C: Je ne suis pas Canadien(ne) ni Untel.
C: Je suis le résultat de l'activité du corps et de la chimie complexe du cerveau.
M: Les sens se rapportent au cerveau qui les interprètent dans un délais impossible à devancer. L'identité dont tu me parles est dans un passé inéluctable. Elle ne peut pas accéder au réel instantané à t=0. Le cerveau est en réaction en permanence. Tu te décris comme un processeur qui ne peut que réagir.
C: Je ne suis pas le produit du cerveau.
C: Je suis une personne qui imagine et accumule les expériences du corps.
M: En quoi les expériences du corps puissent appartenir à la personne plus qu'à l'univers. Comment le corps fait pour fonctionner indépendamment du reste de l'univers ?
Régit-il l'air, le temps, l'espace ? Ou est-ce l'inverse ?
C: Je ne suis pas une sommation d'expérience.
C: Je suis né d'une mère comme bébé.
M: Le bébé te dit de lui même "Je suis un corps séparé de sa mère et qui doit survivre de façon indépendante et autonome."?
C: Je ne suis pas un bébé.
C: Je me souviens que j'étais enfant et j'ai réalisé vers 7-8 ans "être là" dû à la présence du corps. Je disais " je vois mes mains "et "je suis ici". Et ce corps a évolué à ce qui te parle maintenant.
M: Le corps vient te dire par le truchement de l'activité du cerveau qu'il est là et il déclare: "je suis un corps cerveau ?
C: Oui. M: Tu maintiens la définition de ta personne comme étant un corps cerveau ?
C: Oui M: Pas de corps, pas de cerveau, pas de "je".
C: Oui. M: Tu tournes en rond. Nous avons conclu tantôt que le corps cerveau est une simple machine qui ne peut que réagir en permanence.
Comment fait-il pour dire "je" de lui-même ce corps cerveau ?
Quand le corps cerveau sommeille, il ne dit pas "je", et rien ne se passe, pourtant au réveil, le corps cerveau affirme avoir bien dormi. Comment peut-il le savoir ? Il y donc une cognition au delà des faits du sommeil, rêve et éveil.
Comment ce corps cerveau fait-il pour rapporter un état au delà de sa propre fonctionnalité ?
C: Je ne sais pas, mais je suis convaincu que "pas de corps" "pas de moi -je-".
M: Quelle est la question de base ? Comment le corps cerveau peut-il dire "je" de lui-même? Comment le corps cerveau fait-il pour dire "je" indépendamment de l'environnement qui maintient son activité?
Comment fait-il ce corps cerveau pour fonctionner en vase clos et déclarer par lui-même : "je suis un cerveau corps qui fonctionne indépendant, libre et autonome ?
S'il fonctionne en vase clos il n'a nul besoin de proclamer une indépendance, autonomie ou liberté. Et autonome de quoi ou de qui au juste ?
Il est donc insensé d'associer un organisme mystérieux comme le cerveau corps au "Je". Ton habitude de le faire t'empêche de jouir de ta véritable nature et identité.
C: Hum. Oui.
C: Je suis en PARTIE un corps cerveau et une autre PARTIE est une sorte d'âme. L'âme dit "je" et le corps cerveau répond. Je suis une personne complexe faite d'une âme esprit et d'un organisme corps-cerveau-pensée.
M: Tu te définis comme une partie de toi-même. C'est comme dire: "Je suis une partie de moi-même.Y-a-t-il DEUX soi?
Prouve l'assertion.
C: C'est impossible. L'âme et l'esprit sont immatériels.
M: C'est une sorte de divinité ?
C: Je ne sais pas !
M: Donc tu ne sais pas qui tu es !
C: Cela semble être le cas.
C: Qui suis-je alors ?
M: Qui pose la question ?
Texte de Sri Baghavan Maharshi
Traduction de " Who am I ? "
Qui suis-Je? (Nan Yar?)
Les enseignements de Bhagavan Sri Ramana Maharshi
Traduit par Dr. T. M. P. MAHADEVAN
du Tamoul (texte d'origine)
Édité par S. RAMANANPRESIDENT, COMITÉ DIRECTEUR
SRI RAMANASRAMAM TIRUVANNAMALAI, S. INDE
Introduction
"Qui suis-Je?" est le titre donné à un ensemble de questions et réponses portant sur l'Enquête-de-Soi. Les questions furent posées à Bhagavan Sri Ramana Maharshi par Sri M. Sivaprakasam Pillai en 1902. Sri Pillai, diplômé en philosophie, était alors un employé du département du revenu du Collectorat Arcot du sud. Pendant sa visite à Tiruvannamalai en 1902 lors d'un travail officiel, il est allé à la caverne de Virupaksha sur la colline d'Arunachala et a rencontré le Maître. Il lui a demandé des conseils spirituels, et a sollicité des réponses à ses questions concernant l'Enquête-de-Soi.
Comme Bhagavan ne parlait pas à cette période, non en raison de voeux qu'il aurait pris, mais parce qu"il n"avait pas l'inclination de parler, il a répondu aux questions posées par des gestes, et quand ceux-ci n"ont pas été compris, par écrit. Sri Sivaprakasam Pillai avait vingt-huit questions qui furent répondues par Bhagavan, et Pillai les a documentées de mémoire. Ce document fut édité la première fois par Sri Pillai en 1923, avec des poésies composées par lui et relatant comment la grâce de Bhagavan fonctionna dans son cas en dissipant ses doutes et le sauvant d'une crise dans la vie.
"Qui suis-Je ?" a été édité plusieurs fois par la suite. Nous trouvons trente questions et réponses dans quelques éditions et vingt-huit dans d'autres. Il y a également une autre version éditée dans laquelle les questions ne sont pas données, et les enseignements sont réarrangés sous forme d'essai. Il y a une traduction de cet essai en anglais. Le présent texte est sous forme de vingt-huit questions et réponses. Avec Vicharasangraham (Enquête-de-Soi), Nan Yar (Qui suis-Je ?) constitue le premier ensemble d'instructions issu directement des mots du Maître. Ces deux documents sont les seules pièces en prose des travaux de Bhagavan. Ils déterminent clairement l'enseignement central que le chemin direct de la libération passe par l'Enquête-de-Soi. Le mode particulier par lequel l'enquête doit être faite est très clairement indiqué dans Nan Yar. L'esprit se compose de pensées. La pensée "Je" est la première à surgir dans l'esprit. Quand la recherche "Qui suis-Je ?" est poursuivi diligemment, toutes les autres pensées sont détruites, et finalement, le "Je" lui-même disparaît laissant le suprême Soi non-dualiste seul. La fausse identification du Soi avec le phénomène du non-soi tel que le corps et l'esprit se termine, et il y a illumination, Sakshatkara.
Le processus de l'enquête n'est sûrement pas facile. Car à la question "Qui suis-Je ?", d'autres pensées surgiront; mais à mesure qu'ils surgissent, l'individu ne devrait pas les suivre; au contraire, il devrait se demander "à qui se présentent-elles ?". Pour le faire, il doit être extrêmement vigilant. Par enquête constante on force l'esprit à demeurer dans sa source, sans lui permettre d'errer au loin et de se perdre dans les labyrinthes de pensées créés par lui-même.
Les autres disciplines telle que la respiration contrôlée et la méditation sur les formes de la Divinité devraient être considérées comme des pratiques auxiliaires. Elles sont utiles pour autant qu'elles aident l'esprit à devenir tranquille et très pointu.
Pour l'esprit qui a gagné de la compétence dans la concentration, l'Enquête-de-Soi devient comparativement facile. C'est par enquête incessante que les pensées sont détruites et que l'individu se réalise : la réalité plénière en laquelle il n'y a même pas la pensée "Je", l'expérience désigné sous le nom "Silence". Ceci, en substance, est l'enseignement de Bhagavan Sri Ramana Maharshi par Nan Yar ("Qui suis-Je ?").
Université de Madras Le 30 juin 1982.
Om Namo Bhagavathe Sri Ramanaya
Qui suis-Je? (Nan Yar?)
Tous les êtres vivants désirent être heureux, pour toujours et sans misère, et dans le cas de chacun, il y a un amour suprême pour son propre être, et comme le bonheur lui-même est la cause de l'amour, afin de gagner ce bonheur qui est sa propre nature, et qui est expérimenté dans l'état de sommeil profond où l'esprit est en paix, l'individu devrait se connaître lui-même. Pour cela, le chemin de la connaissance, l'enquête de la forme "Qui suis-Je ?", en est le principal moyen.
1. Qui suis-Je ?
Le corps grossier se compose de sept humeurs (dhatus) : je ne suis pas; les cinq organes cognitifs : sens, audition, contact, vue, goût, et odeur, qui appréhendent leurs objets, à savoir bruit, contact, couleur, goût, et odeurs respectifs : je ne suis pas; les cinq organes cognitifs à savoir, les organes de la parole, locomotion, saisie, excrétion, et procréation, qui ont leurs fonctions respectives : parler, se déplacer, saisir, excréter, et apprécier : je ne suis pas; les cinq éléments : air, prana, etc., qui exécutent respectivement les cinq fonctions de la respiration, etc. : je ne suis pas; même l'esprit qui pense: je ne suis pas; la nescience aussi, qui est doté seulement d'impressions résiduelles d'objets, en qui il n'y a aucun objet ou fonctionnement : je ne suis pas.
2. N'étant rien de cela, alors, Qui suis-Je ?
Après la négation de tout ce qui a été mentionné ci-dessus en tant que 'pas ceci ', 'pas cela ', seul la Conscience demeure et cela : Je suis.
3. Quelle est la nature de la Conscience?
La nature de la Conscience est existence-conscience-sérénité.
4. Quand est-ce la réalisation de Soi est gagnée?
Quand l'apparition du monde comme "ce-qui-est-vu" n'est plus, il y aura réalisation du Soi qui est le témoin.
5. N'y aura-t-il pas de réalisation de Soi tant que le monde est là (pris comme vrai) ?
Il n'y aura pas.
6. Pourquoi ?
Les objets et celui qui les perçoit sont comme la corde et le serpent. La connaissance véritable de la corde et ce qui en est la substance ne s'exposera qu'à moins la fausse connaissance du serpent illusoire disparaisse; ainsi la réalisation de Soi qui est substance, ne sera gagnée que lorsque la croyance dans un monde véridique disparaîtra.
7. Quand est-ce le monde objectif perçu ne sera plus ?
Quand l'esprit ou le mental, la cause de toute la cognition et de toutes actions, deviendra tranquille, le monde disparaîtra.
8. Quelle est la nature de l'esprit?
Ce qui s'appelle "esprit" (mental) est une puissance qui s'interroge, s'émerveille et réside en soi. De là surgissent toutes les pensées. Indépendamment des pensées, il n'y a pas une telle chose comme l'esprit. Par conséquent, les pensées elles-mêmes sont la nature de l'esprit. Et indépendamment des pensées, il n'y a aucune entité indépendante appelée le monde. Dans le sommeil profond il n'y a aucune pensée, et il n'y a aucun monde. Dans les états d'éveil et de rêve, il y a des pensées, et il y a un monde également. Comme l'araignée tisse sa toile hors d'elle-même et le ramène en elle-même, de même l'esprit projette le monde hors de lui-même et le ramène en lui. Quand l'esprit sort de Soi, le monde apparaît. Par conséquent, quand le monde apparaît (pour être vrai), le soi n'apparaît pas; et quand le soi apparaît (brille par éclats) le monde n'apparaît pas. Quand l'individu s'informe sans arrêt sur la nature de l'esprit, l'esprit finit par quitter l'individu (comme résidu). Ce qui est mentionné comme individu est l'Atman. L'esprit n'existant que dans la dépendance de quelque chose de brut; ne pouvant pas rester seul. C'est l'esprit qui s'appelle corps (subtil) ou âme (jiva).
9. Qu'elle est le chemin pour enquêter afin de comprendre la nature de l'esprit?
Ce qui se lève en tant que "Je"dans ce corps est l'esprit. Si on s'enquiert de quand et où dans le corps la pensée "Je" origine, on découvrirait qu'il vient du coeur. C'est l'endroit d'origine de l'esprit. Même si on pense constamment "Je", "Je" mènera à cet endroit. De toutes les pensées qui surgissent dans l'esprit, la pensée "Je"en est la première. C'est seulement après l'apparition de ce "Je"que les autres pensées surgissent. C'est après l'apparition du pronom personnel "Je" que les deuxième et troisième pronoms apparaissent; sans le premier pronom personnel il n'y aurait pas de deuxième et de troisième.
10. Comment l'esprit deviendra-t-il tranquille?
Par la recherche "Qui suis-Je ?". La pensée "Qui suis-Je ?" détruira toutes les autres pensées, et comme le bâton utilisé pour remuer le combustible du bûcher, lui-même à la fin sera détruit. Puis là, surviendra la réalisation de Soi.
11. Qu'elle est le moyen pour garder constamment la pensée "Qui suis-Je ?".
Lorsque d'autres pensées surgissent, on ne devrait pas les poursuivre, mais s'enquérir :"À qui apparaissent-elles ?''. Il n'importe pas combien de pensées surgissent. À chaque pensée qui surgit, on devrait s'enquérir avec diligence, "À qui cette pensée apparaît ?". La réponse qui émergerait serait "À moi". Sur quoi on s'enquiert "Qui suis-Je ?", l'esprit retournera à sa source; et la pensée qui avait surgi disparaît. Par pratique répétée de cette manière, l'esprit développera la compétence pour rester dans sa source. Quand l'esprit qui est subtil sort par le cerveau et les organes des sens, les noms et les formes apparaissent grossier; quand il reste dans le coeur, les noms et les formes disparaissent. Ne laissant pas l'esprit sortir, mais le retenir dans le coeur est ce qui s'appelle "intériorisation" (antarmukha). Laisser sortir l'esprit du coeur est connu comme "extériorisation" (bahir-mukha).
Ainsi, quand l'esprit reste dans le Coeur, le "Je"qui est la source de toutes les pensées s'en iront, et le Soi qui existe à jamais brillera. Quoi qu'on fasse, on devrait le faire sans l'ego "Je". Si on agit de cette manière, toute apparaîtra de la nature de Siva.
12. N'y a-t-il aucun autre moyen de rendre l'esprit tranquille?
Autre que l'enquête, il n'y aucun autre moyen adéquat. Si d'autres moyens sont utilisés pour commander l'esprit, l'esprit semblera être commandé, mais ira encore par en avant. Le contrôle de la respiration commande également et l'esprit deviendra tranquille; mais il sera tranquille seulement à condition que le contrôle demeure, et quand la respiration redevient normale l'esprit également se déplacera et errera comme poussé par des impressions résiduelles. La source est la même pour l'esprit et le souffle. La pensée, en effet, est la nature de l'esprit. La pensée "Je" est la première pensée de l'esprit; et c'est l'ego. L'ego commence là où le souffle commence. Par conséquent, quand l'esprit devient tranquille, le souffle est commandé, et quand le souffle est commandé l'esprit devient tranquille. Mais dans le sommeil profond, bien que l'esprit devienne tranquille, le souffle ne s'arrête pas. C'est en raison de la vie, de sorte que le corps puisse être préservé et d'autres personnes ne puissent pas être sous l'impression qu'elle est morte. Dans l'état du réveil et dans le samadhi, quand l'esprit devient tranquille le souffle est sous contrôle. Le souffle est la forme brute de l'esprit. Jusqu'à la période de la mort, l'esprit maintient le souffle dans le corps; et quand le corps meurt l'esprit prend le souffle avec lui. Par conséquent, l'exercice de la respiration n'est qu'une aide pour rendre l'esprit tranquille (manonigraha); cela ne détruira pas l'esprit (manonasa). Le contrôle de la respiration, la pratique de la méditation sur les formes de Dieu, la répétition des mantras ou la restriction de la nourriture, etc., sont des aides pour rendre l'esprit tranquille. La méditation sur les formes de Dieu et la répétition de mantras, aiguise l'esprit. Mais l'esprit se cherchera toujours. L'éléphant avec la chaîne dans sa trompe va là où elle conduit, également pour l'esprit, il va là où il s'occupe, soit avec des formes ou des noms. Quand l'esprit se dilate sous forme d'innombrables pensées, chacune des pensées devient plus faible; et lorsque ces pensées se résorbent, l'esprit devient aiguisé et fort; pour un tel esprit l'Enquête-de-Soi deviendra facile. De toutes les règles restrictives, celle concernant la nourriture (sattvic) en quantité modérée est la meilleure; en observant cette règle, la qualité (sattvic) de l'esprit augmentera, et ce sera utile à l'Enquête-de-Soi.
13. Les impressions résiduelles (pensées) des objets semblent ballotter comme les vagues d'un océan. Quand est-ce qu'elles seront toutes détruites?
La méditation sur le Soi allant de plus en plus haut, les pensées seront détruites.
14. Est-il possible d'éliminer les impressions objectives résiduelles qui sont sans début aucun, et pour l'individu de rester en permanence comme pur Soi ?
Sans se rapporter au doute "est-ce possible, ou non ?", on devrait méditer sans cesse sur le Soi. Même si l'individu est un grand pécheur, il ne devrait pas s'inquiéter et pleurer "O! Je suis un pécheur, comment puis-je être sauvé ?"; il devrait complètement renoncer à la pensée "que je suis un pécheur"; et se concentrer profondément sur la méditation de Soi; il réussirait sûrement. Il n'y a pas deux esprits, un bon et l'autre mal, l'esprit est unique. C'est les impressions résiduelles qui sont de deux sortes: propices et peu propices. Quand l'esprit est sous l'influence des impressions propices il s'appelle bon; et quand il est sous l'influence des impressions peu propices il est considéré comme le mal. On ne devrait pas permettre à l'esprit de se soucier d'objets mondains et de ce qui concerne les autres. Autant mauvais peuvent être les autres, on ne devrait soutenir aucune haine contre elles. Les deux, désir et haine devraient être évités. Tout ce que on donne aux autres est donné à soi-même. Quand cette vérité est comprise qui ne donnera pas aux autres ? Quand le soi individuel surgit, tout surgit; quand il devient tranquille tout devient tranquille. La mesure de notre comportement humble est la mesure de bons résultats. Quand l'esprit devient tranquille, on peut vivre n'importe où.
15. Combien de temps l'enquête devrait-elle être pratiquée?
Aussi longtemps qu'il y a des impressions d'objets dans l'esprit, aussi longtemps que l'exige l'enquête "Qui suis-Je ?" Au moment que les pensées surgissent elles devraient être détruites par l'enquête, là même d'où elles origines. Si on recourt à la contemplation de Soi sans interruption, jusqu'à ce que le Soi soit gagné, cela seul ferait. Aussi longtemps qu'il y a des ennemis dans la forteresse, ils continueront d'aller de l'avant; s'ils sont détruits lorsqu'ils émergent, la forteresse tombera dans nos mains.
16. Quelle est la nature du Soi?
En vérité seul le Soi existe. Le monde, l'âme individuelle, et Dieu sont des aspects en lui. Comme la lueur argentée des perles, les trois apparaissent et disparaissent simultanément. Le Soi est là où il n'y a absolument aucune pensée du "Je". Cela s'appelle "Silence". Le Soi lui-même est le monde ; le Soi lui-même est "Je" ; le Soi lui-même est Dieu; tout est Siva, le Soi.
17. Est-ce que tout n'est pas du travail de Dieu?
Sans désir, décision, ou effort, le soleil se lève; et en sa seule présence, la pierre soleil émet le feu, les fleurs de lotus sont en floraison, l'eau s'évapore; les gens exécutent leurs diverses fonctions et puis se reposent. En présence de l'aimant la boussole bouge, en vertu de la seule présence de Dieu les âmes sont régies par les trois fonctions (cosmiques), ou encore, la quintuple activité divine s'anime puis se repose, selon les karmas respectifs. Dieu n'a rien à contrôler et aucun karma ne s'attache à Lui. Comme les mots n'affectent pas le soleil, ou les mérites et démérites des quatre éléments, cela n'affecte en rien l'espace universelle.
18. Des disciples, qui est le plus grand ?
Celui qui s'abandonne au Soi -qui est Dieu- est le plus grand. S'abandonner à Dieu signifie demeurer constamment en Soi sans permettre d'autre pensées que Soi. Tous les fardeaux sont remis à Dieu, qui s'en occupe. Puisque la puissance suprême de Dieu fait que tout fonctionne, pourquoi devrions-nous, en refusant de nous soumettre, nous inquiéter constamment avec des pensées quant à ce qui devrait être fait et à comment, et ce qui ne devrait pas être fait et comment pas ? Nous savons que le train supporte toutes les charges, ainsi après avoir embarqué pourquoi devrions-nous porter notre petit bagage sur la tête à notre inconfort, au lieu de le laisser dans son compartiment réservé et de se sentir à l'aise?
19. Qu'est-ce que le non-attachement ?
La destruction des pensées, à l'endroit même de leur origine, dès qu'elles apparaissent est le non-attachement. Semblable au plongeur de perles qui attache une pierre à sa taille, va au fond de l'océan pour prendre les perles, également, chacun de nous devrait se ceinturer du non- attachement et obtenir la Perle-de-Soi.
20. N'est-il pas possible pour Dieu et le Gourou de libérer une âme ?
Dieu et le Gourou indiqueront seulement le chemin de la libération; ils n'amèneront pas d'eux-même l'âme à l'état de liberté. En vérité, Dieu et le Gourou ne sont pas différents. Comme la proie prise dans les mâchoires d'un tigre n'a aucune issue, ainsi ceux qui sont sous la grâce du Gourou seront sauvé par le Gourou et ne seront pas perdu; pourtant, chacun doit faire son propre effort et suivre le chemin montré par Dieu ou le Gourou et parvenir à la libération. L'individu ne se connaît lui-même que par sa propre intelligence, et non par celle des autres. Celui qui est Rama exige-t-il l'aide d'un miroir pour savoir qu'il est Rama ?
21. Est-il nécessaire pour le chercheur de liberté d'étudier la nature des catégories (tattvas)?
Comme celui qui jette ses ordures n'a aucun besoin de les analyser et de voir ce qu'il en est, aussi celui un qui veut connaître le Soi n'a aucun besoin de compter le nombre de catégories ou de s'informer sur leurs caractéristiques; ce qu'il doit faire, c'est rejeter les catégories qui cachent le Soi. Le monde doit être considéré comme un rêve.
22. Y a-t-il aucune différence entre le réveil et le rêve?
L'état d'éveil est long et celui du rêve court; autrement il n'y a aucune différence. Ce qui arrive pendant l'état d'éveil semble vrai tant l'état dure et de même pour le rêve en rêvant. Dans le rêve l'esprit prend un autre corps. Sous les deux états, éveil et rêve, les noms et les formes se produisent simultanément.
23. Les livres sont-ils utiles pour ceux qui cherchent la libération ?
Tous les textes indiquent qu'afin de gagner la libération le chercheur doit rendre l'esprit tranquille; donc leur enseignement conclut que l'esprit devrait être rendu tranquille; une fois que ceci a été compris il n'y a aucun besoin de lecture excessive. Pour calmer l'esprit le chercheur n'a qu'a s'enquérir de ce qu'est fait le Soi; comment faire cette recherche par les livres ? Le chercheur doit arriver à Se connaître a partir de sa propre vision de sagesse. Le Soi est enrobé de cinq manteaux, mais les livres sont à l'extérieur. Puisque le Soi doit être recherché en rejetant ces cinq manteaux, il est futile de le rechercher en livres. Viendra un moment où le chercheur devra oublier tout ce qu'il a appris. (1)
24. Qu'est-ce que le bonheur?
Le bonheur est la nature même du Soi; le bonheur et le Soi ne sont pas différents. Il n'y a aucun bonheur dans n'importe quel objet au monde. Nous imaginons par ignorance que le bonheur dérive des objets. Quand l'esprit va à l'extérieur, il éprouve de la misère. En vérité, quand ses désirs se réalisent, il revient chez lui et apprécie le bonheur d'être le Soi. C'est également de même, dans les états de sommeil, le samadhi, l'évanouissement, quand l'objet désiré est obtenu, quand l'objet détesté est enlevé, l'esprit devient alors tourné vers l'intérieur, et il apprécie le Pure-Bonheur-de-Soi. Ainsi l'esprit se déplace sans répit alternativement hors de Soi puis il y retourne. Sous l'arbre l'ombre est bon; à l'extérieur en pleine chaleur c'est brûlant. La personne qui était sous un soleil cuisant se sent bien et en fraîche lorsqu'elle atteint l'ombre. Celui qui va de l'ombre au soleil et de nouveau à l'ombre est un imbécile. Le sage reste de manière permanente à l'ombre. De même, l'esprit de celui qui connaît la vérité ne laisse pas Brahman. L'esprit de l'ignorant, au contraire, évolue dans le monde, et se sentant malheureux, retourne à Brahman pour peu de temps faire l'expérience du bonheur. En fait, ce qui s'appelle le monde n'est que des pensées. Quand le monde disparaît, c.-à-d. quand il n'y a aucune pensée, l'esprit éprouve le bonheur; et quand le monde apparaît, il expérimente la misère.
25. Qu'est-ce que la sagesse perspicacité (jnana-drsti)?
Demeurer l'esprit calme est ce qui s'appelle la sagesse perspicacité. Rester silencieux est de garder l'esprit dans l'individu. Télépathie, connaissance des évènements passés, le présent, l'avenir et la clairvoyance ne constituent pas la sagesse perspicacité.
26. Quelle est la relation entre absence de désir et la sagesse?
L'absence de désirs est sagesse. Les deux ne sont pas différents; ils sont identiques. L'absence de désirs est de s'abstenir à tourner l'esprit vers n'importe quel objet. La sagesse signifie l'absence d'apparence d'objet. En d'autres termes, ne pas chercher ce qui différencie le Soi est détachement ou absence de désirs; rester en Soi est sagesse.
27. Quelle est la différence entre l'enquête et la méditation?
L'enquête consiste à maintenir l'esprit en Soi. La méditation consiste à penser que soi-même est Brahman, existence-conscience-bonheur.
28. Qu'est-ce que la libération?
La recherche sur la nature de notre misère, réaliser sa véritable nature, est la libération.
(1) Issu de l'alimentations, issu de la vie, issu des émotions, issu de la connaissance, issu de la bénédiction (des choses).
SRI RAMANARPANAM ASTU
Texte original
POUR EN SAVOIR PLUS
Pas de croyance, pas de rêve, pas de fabulations, pas d'opinions mais :
A vous de juger :
Cours en Auto Identification
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